Fathia Kedhir – Cosmos media
Dans une nouvelle initiative illustrant l’intérêt croissant accordé aux questions environnementales et climatiques en Tunisie, Cité des Sciences à Tunis a accueilli, le 5 mai 2026, la cérémonie de signature d’un partenariat stratégique avec Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), dans le cadre du Projet d’Appui à la Gouvernance Environnementale et Climatique pour une Transition Écologique en Tunisie (PAGECTE).
Ce partenariat s’inscrit dans les efforts visant à renforcer l’éducation environnementale et climatique ainsi qu’à promouvoir la culture scientifique en Tunisie, à travers le développement d’espaces pédagogiques et interactifs destinés à différents publics, notamment les enfants et les jeunes.
La cérémonie, organisée dans la salle Avicenne de la Cité des Sciences, a réuni des représentants du ministère de l’Environnement, de l’Union européenne, du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), ainsi que plusieurs partenaires institutionnels, acteurs de la société civile et représentants des médias.

La Tunisie face aux défis climatiques et environnementaux
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par l’aggravation des défis environnementaux et climatiques en Tunisie, notamment la dégradation progressive des ressources naturelles, l’augmentation de la pollution, la pression croissante sur les écosystèmes, ainsi que les impacts du changement climatique sur les ressources hydriques, l’agriculture et le développement socio-économique.
Les documents officiels du projet soulignent que ces transformations affectent directement la qualité de vie des citoyens et compromettent la durabilité du développement du pays. Face à cette situation, la Tunisie a engagé ces dernières années plusieurs réformes stratégiques, parmi lesquelles la Stratégie Nationale de Transition Écologique et l’actualisation de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN).
Dans ce cadre, le projet PAGECTE, mis en œuvre par la GIZ en partenariat avec le ministère tunisien de l’Environnement, vise à améliorer la gouvernance environnementale et climatique et à renforcer la participation des différentes parties prenantes dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques environnementales.
Le projet bénéficie d’un cofinancement de l’Union européenne en Tunisie, à travers le programme « Tunisie Verte & Durable », ainsi que du soutien du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement.
Un pavillon permanent dédié à l’empreinte écologique et au changement climatique
Parmi les principales réalisations annoncées dans le cadre de ce partenariat figure la création d’un pavillon permanent au sein de la Cité des Sciences intitulé : « Empreinte écologique, changements climatiques et consommation durable »
Ce nouvel espace scientifique aura pour mission de vulgariser les concepts liés à l’environnement et au climat à travers une expérience interactive et immersive permettant au public de mieux comprendre l’impact des activités humaines et des modes de consommation sur les ressources naturelles et les équilibres écologiques.
Le pavillon ambitionne également de rendre la notion d’« empreinte écologique » plus concrète et accessible pour les citoyens, en la reliant à des problématiques quotidiennes telles que l’épuisement des ressources naturelles, la pollution, les déchets, le changement climatique et la consommation non durable.
L’espace proposera par ailleurs des contenus scientifiques et pédagogiques modernes visant à promouvoir une nouvelle culture environnementale fondée sur la responsabilité individuelle et collective envers l’environnement.

Des programmes de sensibilisation destinés aux jeunes et à la société civile
Le projet ne se limite pas à la création de ce pavillon interactif. Il comprend également plusieurs programmes scientifiques, éducatifs et de sensibilisation, notamment :
- des ateliers pédagogiques et interactifs ;
- des journées thématiques dédiées à l’environnement et au climat ;
- des écoles saisonnières spécialisées ;
- des activités scientifiques itinérantes ;
- des programmes de sensibilisation dans les établissements éducatifs et les espaces publics.
Ces activités ciblent particulièrement les enfants et les jeunes, considérés comme les principaux acteurs du changement en matière de comportements environnementaux et de consommation durable.
Le projet entend également développer une communication scientifique accessible afin de rapprocher les enjeux climatiques et environnementaux du quotidien des citoyens.
Une approche sensible au genre et fondée sur les droits humains
L’un des axes majeurs mis en avant lors de la cérémonie concerne l’adoption d’une approche sensible au genre et fondée sur les droits humains, à travers l’implication des femmes, des jeunes et des populations rurales dans les initiatives environnementales et climatiques.
Cette approche vise à garantir une participation plus inclusive dans les efforts de transition écologique, tout en favorisant une meilleure justice environnementale et un accès élargi à la connaissance scientifique.
Le projet ambitionne aussi de développer un discours environnemental plus inclusif et plus accessible à toutes les catégories sociales.

Le rôle de la société civile et des médias dans la diffusion de la culture environnementale
Le partenariat accorde une place importante aux organisations de la société civile ainsi qu’aux médias dans la promotion de l’éducation environnementale et de la sensibilisation climatique.
Dans ce cadre, les associations actives dans le domaine environnemental seront mobilisées pour participer aux campagnes de sensibilisation et aux activités éducatives à l’échelle nationale.
Le projet vise également à renforcer la coopération entre les institutions publiques, la société civile et les médias afin de produire un contenu environnemental et climatique plus impactant et mieux adapté au grand public.
Les responsables du projet considèrent en effet que le journalisme environnemental constitue un outil essentiel pour lutter contre la désinformation et promouvoir une culture de durabilité.

Des interventions officielles soulignant l’importance du partenariat
Le programme de la cérémonie comprenait plusieurs allocutions officielles. Mounir Ayadi, directeur général par intérim de la Cité des Sciences à Tunis, a insisté sur l’importance de ce partenariat pour renforcer le rôle de l’institution en tant qu’espace de diffusion de la culture scientifique et environnementale.
De son côté, Chokri Mezghani, directeur général au ministère de l’Environnement et coordinateur du projet PAGECTE, a souligné la nécessité de renforcer la coopération entre les différents acteurs afin d’accélérer la transition écologique en Tunisie.
Des représentants de l’Union européenne et de la coopération allemande ont également réaffirmé leur engagement à soutenir la Tunisie dans ses efforts en matière de gouvernance environnementale et d’adaptation aux changements climatiques.
La cérémonie a aussi permis de présenter les précédentes expériences de coopération entre la Cité des Sciences et la GIZ, ainsi qu’un exposé détaillé sur les objectifs et les perspectives du nouveau partenariat.
Visite du pavillon de l’eau à la Cité des Sciences
Les activités se sont clôturées par une visite du pavillon « Eau » de la Cité des Sciences, financé par la GIZ.
Cet espace interactif vise à sensibiliser le public à l’importance des ressources hydriques et aux moyens de les préserver, à travers des expériences scientifiques et pédagogiques adaptées à différents âges.
Ce pavillon a été présenté comme un modèle des futurs projets interactifs que le partenariat entend développer dans les domaines de l’environnement, du climat et de la consommation durable.
Vers un renforcement de la conscience environnementale en Tunisie
Cette initiative illustre l’orientation croissante de la Tunisie vers l’investissement dans l’éducation environnementale et la culture scientifique comme leviers essentiels pour faire face aux défis climatiques et environnementaux.
Elle met également en évidence l’importance de la coopération entre les institutions nationales et les partenaires internationaux pour développer des projets capables de renforcer la sensibilisation environnementale et l’implication citoyenne dans la transition écologique.
Dans un contexte marqué par l’intensification des effets du changement climatique dans la région, de telles initiatives apparaissent aujourd’hui indispensables pour construire une société plus consciente, plus résiliente et davantage engagée en faveur du développement durable.




