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Un projet de 45 millions de dinars pour renforcer la résilience des oasis de Tozeur face aux changements climatiques

Mabrouka KHEDIR –Cosmos Media -Tunisie

Le gouvernorat de Tozeur s’apprête à lancer l’un des projets environnementaux et de développement les plus ambitieux du sud tunisien. Il s’agit d’un programme visant à renforcer la capacité d’adaptation des oasis traditionnelles aux changements climatiques, pour un coût estimé à près de 45 millions de dinars tunisiens sous forme de don et de financements internationaux, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et les autorités tunisiennes compétentes.

Ce projet s’inscrit dans le cadre des efforts nationaux visant à préserver les écosystèmes oasiens, de plus en plus menacés par la raréfaction des ressources en eau, l’augmentation des températures et la dégradation des terres.

Le programme concernera cinq délégations du gouvernorat de Tozeur : Tozeur, Nefta, Degache, Hamma El Jerid et Tamaghza. Au total, 29 oasis traditionnelles bénéficieront d’interventions destinées à préserver ce patrimoine environnemental, agricole et culturel unique.

Des actions concrètes pour l’adaptation climatique

Le projet repose sur un ensemble de mesures opérationnelles, notamment :

  • La modernisation des réseaux d’irrigation et l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation de l’eau ;
  • L’introduction de variétés agricoles plus résistantes à la sécheresse ;
  • La diversification des activités agricoles et économiques au sein des oasis ;
  • La protection des oasis contre les incendies et les maladies phytosanitaires ;
  • La création d’oasis pilotes et démonstratives ;
  • La valorisation des déchets agricoles ;
  • Le soutien aux chaînes de valeur locales ;
  • Le développement du tourisme écologique et culturel comme levier complémentaire de développement local.

Un enjeu majeur pour le sud tunisien

Cette initiative revêt une importance particulière compte tenu du rôle essentiel que jouent les oasis dans l’économie locale et dans le maintien de l’équilibre écologique du sud tunisien.

Les oasis tunisiennes couvrent près de 40 000 hectares et abritent plus de 5,4 millions de palmiers dattiers. Elles constituent également un pilier fondamental de la production de dattes, l’un des principaux produits agricoles exportés par la Tunisie.

Selon les experts en environnement et en développement durable, la réussite de ce projet ne se limitera pas à la protection des ressources naturelles. Elle contribuera également à l’amélioration des conditions de vie des populations locales, à la création de nouvelles opportunités économiques et au renforcement de la résilience des communautés face aux effets croissants des changements climatiques, tout en préservant le rôle écologique, économique et culturel des oasis, véritable composante de l’identité historique du sud tunisien.

Principales données du projet

  • Coût total : environ 45 millions de dinars tunisiens.
  • Financement : don et appui international dans le cadre des programmes d’adaptation au changement climatique et de développement durable.
  • Date prévisionnelle de lancement : 2027.
  • Nombre d’oasis ciblées : 29 oasis traditionnelles.
  • Délégations concernées : Tozeur, Nefta, Degache, Hamma El Jerid et Tamaghza.

Objectifs principaux : protection des ressources en eau, soutien à l’agriculture oasienne, renforcement de l’adaptation aux changements climatiques, développement de l’économie locale et promotion de l’écotourisme.

Ce projet représente une étape stratégique pour la préservation de l’un des écosystèmes les plus emblématiques de Tunisie et pour assurer sa durabilité au bénéfice des générations futures dans un contexte de défis climatiques croissants.

Une approche participative plaçant les communautés locales au cœur du projet

Au-delà des interventions techniques et des investissements dans les infrastructures oasiennes, le projet repose sur une approche participative qui fait des populations locales de véritables partenaires dans la planification, la mise en œuvre et le suivi des actions.

Cette démarche prévoit l’implication des agriculteurs, des Groupements de Développement Agricole (GDA), des associations locales, des femmes et des jeunes à toutes les étapes du projet, depuis l’identification des priorités jusqu’à l’évaluation des résultats.

L’objectif est de garantir que les interventions répondent aux besoins réels des habitants tout en renforçant leur sentiment d’appropriation du projet, condition essentielle à la pérennité des acquis sur le long terme.

Des ateliers participatifs et des espaces de dialogue locaux seront organisés afin de favoriser l’échange de connaissances et la valorisation des savoir-faire traditionnels liés à la gestion des oasis, considérés comme un atout précieux face aux défis climatiques actuels.

Le projet accordera également une attention particulière à l’autonomisation des femmes et à l’insertion des jeunes à travers le soutien aux initiatives économiques vertes, le développement de compétences dans les domaines de l’économie circulaire, la valorisation des produits oasiens et l’écotourisme, contribuant ainsi à la création d’emplois et au développement local durable.

Cette approche vise par ailleurs à renforcer les partenariats entre les collectivités locales, les institutions publiques, les organisations de la société civile et les structures de recherche scientifique, afin de mettre en place une gouvernance participative des oasis garantissant une gestion durable des ressources naturelles et un équilibre entre impératifs de développement et préservation de l’environnement.

Les spécialistes du développement durable considèrent aujourd’hui que l’implication des communautés locales n’est plus une option dans les projets d’adaptation au changement climatique, mais constitue l’un des principaux facteurs de réussite, particulièrement dans les régions oasiennes qui disposent d’une expertise ancestrale en matière de gestion de l’eau, de préservation de la biodiversité et d’adaptation aux conditions climatiques extrêmes.

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