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Qui peut se considérer comme instruit s’il ne comprend ni l’eau, ni le climat, ni l’environnement ?

Mabrouka Khedhir – Cosmos Media

Article traduit de l’arabe vers le français avec l’aide de l’intelligence artificielle (IA)

À l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation 2026, la définition traditionnelle de l’alphabétisation, longtemps réduite à la capacité de lire et d’écrire, est remise en question. Face aux transformations du monde, aux risques climatiques, à la désinformation et aux nouveaux usages numériques, une autre forme de connaissance devient essentielle : savoir comprendre son environnement, protéger ses droits et participer pleinement à la vie de la société.

Le matin du 7 septembre 2026, il ne s’agissait pas simplement de célébrer la Journée internationale de l’alphabétisation. Dès les premières minutes, il est apparu que la question posée dépassait largement la définition traditionnelle d’une notion qui, pendant des décennies, a associé l’analphabétisme à l’incapacité de lire et d’écrire.

Le monde a changé, l’être humain a changé, l’information a changé, et même les risques qui menacent notre vie quotidienne ont évolué. Il fallait donc également faire évoluer la question elle-même : que signifie être une personne instruite au XXIe siècle ?

Sous le thème « Repenser l’alphabétisation au XXIe siècle : vers des sociétés plus inclusives, durables et prospères », la rencontre a réuni des représentants du système des Nations unies, de la société civile et différentes expériences de terrain, avec le soutien et la participation de plusieurs agences onusiennes, notamment l’UNESCO, le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) et ONU-Habitat. La plateforme Cosmos Media y a également participé afin de présenter son expérience dans le domaine des médias et de la sensibilisation environnementale.

Le choix de la date était lui aussi significatif. La rencontre s’inscrivait dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de l’alphabétisation 2026, placée sous le thème « L’alphabétisation au service des personnes, de la planète et de la prospérité », une année qui marque également le 60e anniversaire de la création de cette journée internationale.

Mais soixante années de lutte contre l’analphabétisme n’ont pas suffi à résoudre le problème. Le monde compte encore des centaines de millions de jeunes et d’adultes qui ne disposent pas des compétences fondamentales en lecture et en écriture. Selon les données de l’UNESCO, environ 739 millions de jeunes et d’adultes ne maîtrisaient pas les compétences de base en lecture et en écriture en 2024.

Mais derrière ces chiffres, aussi importants soient-ils, se cache une autre transformation, plus profonde : même une personne qui sait lire et écrire peut aujourd’hui se retrouver confrontée à de nouvelles formes d’analphabétisme.

Une personne peut savoir lire un texte sans être capable de distinguer une information réelle d’une information fabriquée. Elle peut utiliser son téléphone pendant des heures sans savoir comment protéger ses données ou faire face aux violences numériques. Elle peut lire sa facture d’eau sans comprendre pourquoi cette ressource est devenue de plus en plus fragile, ni quel lien existe entre la sécheresse et le changement climatique, ni comment ses comportements quotidiens peuvent influencer l’avenir de cette ressource.

C’est précisément à ce moment que le sens de la rencontre a commencé à apparaître clairement. L’analphabétisme n’est plus une notion unique.

Il est désormais nécessaire de parler d’alphabétisation fonctionnelle, numérique, médiatique, environnementale, ainsi que d’autres compétences permettant à chacun de vivre de manière autonome, de comprendre ce qui se passe autour de lui, de participer à la vie publique, économique et sociale, et de protéger ses droits.

De l’alphabétisation fonctionnelle à l’apprentissage tout au long de la vie

La première session a été consacrée à l’alphabétisation fonctionnelle et à l’évolution de la notion d’analphabétisme, passée d’une approche centrée sur la lecture et l’écriture à une conception plus large fondée sur l’apprentissage tout au long de la vie.

Helen Ghiou, cheffe du département de l’éducation au Bureau régional de l’UNESCO pour le Maghreb, a présenté cette évolution, montrant comment la connaissance est désormais étroitement liée à la capacité de l’individu à participer à la société, à être autonome et à s’intégrer.

Le débat est ensuite passé du concept à l’être humain. L’expérience de l’Institut arabe des droits de l’homme, présentée par son président Abdel Basset Ben Hassen, a rappelé que l’analphabétisme n’est pas uniquement un problème éducatif.

Lorsqu’une personne est incapable de lire un document administratif, de comprendre une information sanitaire ou de connaître l’un de ses droits, elle devient plus vulnérable face à la société, aux institutions et même à l’exploitation.

Dans de telles situations, la lecture n’est plus une simple compétence scolaire. Elle devient un moyen de se défendre.

Le numérique : savoir utiliser, mais aussi savoir se protéger

La rencontre est entrée dans le monde dans lequel la plupart d’entre nous évoluent quotidiennement : le monde numérique.

La question n’était plus de savoir si nous possédons ou non un smartphone. Elle était devenue : que faisons-nous de ce qui nous parvient à travers cet outil ? Et comment nous protégeons-nous dans cet espace ?

Lors de la deuxième session, Hala Gdana, coordinatrice du programme Genre et droits reproductifs au Fonds des Nations unies pour la population, a abordé la question des espaces numériques sûrs et de la prévention des violences fondées sur le genre.

La transformation numérique a créé de nouvelles opportunités, mais également de nouvelles formes de risques, notamment pour les femmes, les filles et les jeunes.

L’expérience de l’organisation Citoyenneté numérique, présentée par Amna Sayadi, a ensuite souligné que la citoyenneté numérique ne se résume pas à des connaissances techniques. Elle suppose également la capacité à exercer son esprit critique, à se protéger, à respecter les autres et à comprendre ses droits et ses responsabilités dans un espace devenu indissociable de la vie quotidienne.

De l’alphabétisation numérique à la conscience environnementale

La troisième session était différente.Peut-être parce qu’elle a déplacé le débat de l’écran vers l’espace que nous partageons tous : la planète.« De l’alphabétisation fonctionnelle et numérique à la conscience environnementale : pourquoi comprendre la planète est-il devenu une condition essentielle d’une citoyenneté active au XXIe siècle ? »

 

Vers 11 heures, la question s’est rapprochée encore davantage de notre quotidien : que signifie être une personne dotée d’une culture environnementale ?

Le terme peut sembler nouveau, mais il renvoie en réalité à des situations que nous vivons tous les jours.

  • Lorsque l’eau ne coule plus du robinet, comprenons-nous pourquoi ?
  • Lorsque les températures augmentent de manière inhabituelle, savons-nous ce qui se passe ?
  • Lorsque les forêts brûlent, voyons-nous uniquement l’incendie ou comprenons-nous son lien avec le climat, la sécheresse et la gestion des forêts ?
  • Lorsque les poissons se raréfient, considérons-nous qu’il s’agit uniquement d’un problème concernant les pêcheurs, ou comprenons-nous les relations entre la pêche, les ressources marines et les transformations que connaît la mer ?

Et lorsque des espèces végétales et animales disparaissent, comprenons-nous qu’il ne s’agit pas seulement de la perte d’un paysage, mais du recul d’un écosystème entier qui influence notre alimentation, notre eau, notre économie et notre vie ?

C’est cela, l’analphabétisme environnemental, dans son sens le plus simple.

C’est précisément ce que la directrice exécutive de la plateforme Cosmos Media a tenté d’expliquer lors de son intervention, en posant une question essentielle : disposons nous des outils nécessaires pour comprendre le lien entre notre vie quotidienne et l’environnement qui nous entoure ?

Maryem Rkik, représentante d’ONU-Habitat, a ensuite présenté une intervention consacrée à l’alphabétisation et à l’environnement, plaçant cette dimension au cœur de la réflexion sur l’avenir de l’éducation et de l’apprentissage.

Il ne s’agit plus seulement de dire aux citoyens qu’ils doivent protéger l’environnement. Cette étape ne suffit plus.

Maryem Rkik a également présenté l’expérience d’ONU-Habitat sur l’île de Kerkennah.

L’archipel constitue un exemple concret de ce que peut être l’alphabétisation environnementale : il ne s’agit pas uniquement de transmettre des informations à la population, mais de l’impliquer dans la compréhension du territoire qu’elle habite et des risques qui le menacent.

Dans le cadre du programme « Somoud », mis en œuvre par ONU-Habitat en Tunisie dans le cadre de l’initiative RISE UP, les équipes ont travaillé à établir une lecture multidimensionnelle de la vulnérabilité de l’archipel de Kerkennah, à travers la collecte de données climatiques, urbaines, environnementales et sociales, ainsi que l’écoute des autorités locales, de la société civile et des habitants.

Cette démarche a montré que Kerkennah fait face à des pressions multiples et interdépendantes : élévation du niveau de la mer, érosion côtière, pénurie d’eau, salinisation des sols, dégradation de certains écosystèmes, ainsi que fragilisation de certaines activités et des moyens de subsistance.

Le travail ne s’est pas limité au diagnostic. Il s’est traduit par un plan d’action pour la résilience urbaine, proposant des projets et des interventions concrètes destinés à protéger les populations et les ressources naturelles et à renforcer la capacité de l’île à s’adapter au changement climatique.

Le plan a identifié plusieurs zones particulièrement vulnérables, notamment El Attaya, Kellabine et Kerkennah, et proposé des solutions fondées sur la nature, la restauration des écosystèmes, la protection des zones humides et des côtes, ainsi que le développement de l’écotourisme et de moyens de subsistance durables.

Certaines propositions prévoient également la création de parcours pédestres et cyclables dotés de stations d’interprétation permettant d’expliquer aux visiteurs et aux habitants la valeur des espèces végétales et animales, le rôle des zones humides, ainsi que l’importance des savoirs traditionnels et de la pêche durable.

C’est précisément là que l’environnement cesse d’être un simple sujet dont on parle pour devenir une connaissance vécue sur le terrain. Le parcours environnemental n’est alors plus seulement un espace de promenade : il devient, à part entière, un espace ouvert d’apprentissage environnemental.

Comment les médias peuvent-ils rapprocher les connaissances environnementales des citoyens ?

Dans la dernière partie de la rencontre, les discussions se sont tournées vers une question tout aussi importante que celle de l’éducation elle-même : Comment les médias peuvent-ils rapprocher les connaissances environnementales des citoyens ?

Et comment transformer l’information environnementale, souvent faite de chiffres, de termes techniques et de rapports spécialisés, en une connaissance que le citoyen peut comprendre et relier directement à sa vie quotidienne ?

Dans ce contexte, l’expérience de Cosmos Media a été présentée comme un modèle médiatique ayant choisi, depuis sa création, de placer l’environnement, le climat, la biodiversité et le développement durable au cœur de son travail journalistique.

Mais plusieurs années de travail sur le terrain nous ont révélé une réalité simple : Produire de l’information ne suffit pas.

Une information peut être exacte, documentée et étayée par des chiffres et des études, mais rester éloignée du public si celui-ci n’y trouve pas ce qui permet d’expliquer ce qui se passe dans sa propre vie.

Un reportage peut être riche en termes scientifiques, mais échouer à répondre à la question qui intéresse réellement le citoyen : « Qu’est-ce que tout cela signifie pour moi ? »

C’est pourquoi Cosmos Media a choisi le récit journalistique comme moyen de construire une conscience environnementale.

L’objectif n’est pas seulement de dire aux citoyens qu’ils doivent protéger l’environnement, mais de leur permettre de comprendre pourquoi ils doivent le protéger et ce qu’ils risquent de perdre lorsqu’il se dégrade.

Comprendre la valeur de l’eau avant d’ouvrir le robinet. Comprendre ce qu’est la biodiversité avant qu’une espèce ne disparaisse de notre environnement. Savoir où peuvent finir les déchets que nous produisons chaque jour. Comprendre les liens entre climat, alimentation, énergie et santé.

Et surtout, comprendre que l’environnement n’est pas un sujet séparé de notre vie, ni un dossier réservé aux experts, mais le cadre dans lequel se déroule l’ensemble de notre quotidien.

C’est dans cette perspective que Cosmos Media a participé à cette session, avec une expérience qui tente de répondre à une question en apparence simple, mais en réalité complexe : Comment transformer les connaissances environnementales en une connaissance accessible et proche des citoyens ?

Selon Mabrouka Khedhir, la réponse commence sur le terrain : avec l’agriculteur, le pêcheur, le chercheur, la femme, l’enfant et la communauté locale.

Il s’agit d’aller à la rencontre des populations, de les écouter et de tenter de comprendre la réalité avant de l’interpréter.

« Nous allons sur le terrain pour comprendre avant d’expliquer, pour écouter avant de parler, puis nous transformons ces expériences en récits journalistiques dans lesquels les citoyens peuvent se reconnaître. »

Lorsqu’il s’agit de parler de l’eau, l’objectif n’est pas simplement d’affirmer que les ressources hydriques diminuent ou de noyer le public sous les chiffres et les indicateurs.

Il s’agit de montrer comment les populations vivent cette crise : que signifie l’absence d’eau dans un foyer ? Comment un agriculteur fait-il face à la sécheresse ? Que se passe-t-il lorsque l’eau devient rare ou salée ? Et comment une crise environnementale se transforme-t-elle en crise sociale, économique et sanitaire ?

Lorsqu’il est question de biodiversité, il ne suffit pas d’énumérer des noms d’espèces ou d’employer un langage scientifique difficilement accessible au grand public.

Il faut aller dans les forêts, les zones humides et sur le littoral, rencontrer ceux qui y vivent, ceux qui protègent et étudient ces espaces et ceux qui en dépendent pour leur subsistance, puis poser une question simple mais essentielle : « Que perdons-nous lorsque nous perdons ces écosystèmes ? »

Lorsqu’il est question de changement climatique, le concept ne doit pas rester enfermé dans des rapports internationaux éloignés du quotidien.

Il faut le voir dans les champs, en mer, dans les villes, sur les visages et dans les détails de la vie quotidienne. Il faut comprendre comment la hausse des températures, l’évolution des précipitations ou la diminution des ressources deviennent une réalité vécue chaque jour par les citoyens.

C’est précisément là que le journalisme rejoint l’alphabétisation environnementale.

Le journaliste environnemental ne se contente pas de transmettre une information. Il peut aider le public à « lire l’environnement qui l’entoure ».

L’image captée sur le terrain peut devenir une leçon. L’histoire racontée peut ouvrir un débat. Le témoignage recueilli peut rendre une question qui semblait lointaine soudainement très proche de la vie des citoyens.

C’est le rôle que les médias peuvent jouer dans la construction d’une société plus consciente des transformations environnementales : non pas parler au nom des citoyens, mais leur donner les connaissances et les outils nécessaires pour comprendre ce qui se passe autour d’eux, poser des questions et participer au débat public.

En Tunisie, le besoin de ce type de connaissances semble plus urgent que jamais.

L’eau, par exemple, n’est plus une question saisonnière qui apparaît avec la hausse des températures avant de disparaître à la fin de l’été. Elle est devenue une composante du débat sur l’avenir du pays.

La sécheresse, les incendies de forêt, la dégradation de certains écosystèmes, les pressions qui pèsent sur les villes et les littoraux, ainsi que les transformations que connaissent les secteurs agricole et maritime sont autant de questions qui exigent un citoyen capable de comprendre ce qui se passe, et pas seulement un citoyen qui reçoit des alertes.

Car un citoyen qui ne comprend pas le problème peut entendre le conseil, mais ne sera pas nécessairement capable de modifier son comportement.

À l’inverse, celui qui comprend le lien entre ses comportements et les conséquences qu’il observe autour de lui devient un acteur de la solution.

C’est là que réside toute l’importance de l’alphabétisation environnementale.

Elle n’est pas une campagne de sensibilisation ponctuelle qui s’achève avec une activité ou un événement. Elle n’est pas non plus une matière supplémentaire dans un manuel scolaire.

Elle consiste essentiellement à renforcer la capacité de la société à comprendre les transformations qu’elle vit et à prendre des décisions plus éclairées face à celles-ci.

Dans cette perspective, l’éducation environnementale ne peut pas relever uniquement de l’école.

L’université a un rôle à jouer, tout comme les médias, la société civile, les municipalités et les institutions publiques. Les institutions scientifiques et de recherche sont également appelées à trouver des moyens plus efficaces pour rendre leurs connaissances accessibles à la société.

Les femmes et les jeunes doivent être au cœur de ce processus.

Non seulement parce qu’ils peuvent être davantage touchés par les fractures éducatives et numériques, mais aussi parce qu’ils sont capables de jouer un rôle actif dans la production et la transmission des connaissances et dans l’évolution des comportements au sein de la famille et de la société.

Mais le message le plus large laissé par cette rencontre est peut-être que l’apprentissage n’est plus une étape qui s’achève à la sortie de l’école.

Au XXIe siècle, le monde évolue à une vitesse telle que l’apprentissage continu est devenu une nécessité et non plus un choix.

Nous devons apprendre à utiliser les technologies, à vérifier les informations, à nous protéger dans l’espace numérique, à comprendre le changement climatique, à gérer les ressources naturelles, à connaître nos droits et à participer à la vie de la société.

L’apprentissage tout au long de la vie n’est donc plus simplement un slogan éducatif.

Il est une condition nécessaire pour pouvoir suivre les transformations du monde et y participer.

À la fin de la rencontre, il est apparu que la véritable question n’était plus :« Combien de personnes savent lire et écrire ? »

La question était devenue beaucoup plus vaste.

  • Sommes-nous capables de lire le monde dans lequel nous vivons ?
  • Sommes-nous capables de comprendre ce qui arrive à l’eau, à l’air, à l’alimentation, au climat et à la nature ?
  • Sommes-nous capables de distinguer la connaissance de la désinformation ?
  • Sommes-nous capables d’utiliser la technologie sans qu’elle devienne une nouvelle source de violence et de vulnérabilité ?
  • Et disposons-nous des connaissances qui nous permettent de participer aux décisions qui détermineront notre avenir ?

C’est peut-être là que réside le véritable enjeu de la redéfinition de l’alphabétisation.

Car au XXIe siècle, il ne suffit plus de savoir lire les mots.

Nous devons apprendre à lire la réalité, lire l’écran, lire l’environnement et lire l’avenir.

Parce qu’une personne qui ne comprend pas ce qui se passe autour d’elle peut être capable de lire un livre, tout en restant incapable de lire le monde.

Et finalement, protéger la planète est peut-être, avant même d’être une question de lois, de politiques et de stratégies, une question de connaissance.

Ce que nous ne comprenons pas, nous avons du mal à le protéger. Et ce dont nous ne connaissons pas la valeur, nous pouvons le perdre avant même de prendre conscience de sa disparition.

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